Un brevet pour le SARO avril 5, 2017 – Posted in: Articles

Afin de protéger les savoirs traditionnels et valoriser la biodiversité pour le bénéfice des populations locales, le nom saro, arbre uniquement trouvé à Madagascar, a été déposé pour défendre des règles de production durable.

Le dépôt de brevets a été inventé pour encourager l’innovation. Il faut en effet bien souvent investir plusieurs années pour sortir un nouveau produit. Si ce dernier peut être copié par tout un chacun juste après sa sortie, plus personne n’aura envie de faire les investissements nécessaires à son développement.

Le décalage entre les moyens juridiques des pays riches et les détenteurs de savoirs traditionnels, concernant en particulier les propriétés des plantes médicinales, a engendré des excès assez ignobles. Des entreprises ont breveté des découvertes copiées de travaux menés par des générations et des générations de médecins traditionnels en Afrique, Amérique du sud et Asie.
C’est d’autant plus dramatique que la valorisation des ressources naturelles au niveau local est reconnue comme étant indispensable pour motiver les populations les plus pauvres. Les pays les plus riches en espèces animales et végétales doivent également être motivés pour pouvoir conserver ce patrimoine mondial menacé.

C’est pour défendre cette injustice que les Nations Unies, via la Convention sur la Diversité Biologique (CBD), ont fini par fixer des règles obligeant les entreprises à définir des partages de bénéfices avec les pays et les populations locales d’où proviennent les plantes d’intérêt industriel.

Olivier Behra, le fondateur du programme Net Positive Impact, a été un précurseur dans ce domaine et a été salué pour ses initiatives par le Programme des Nations Unies lors de la conférence de la CBD à Nagoya au Japon en 2010. C’est là que les Accords de Nagoya ont été convenus, définissant les premières règles internationales de protection des savoirs et de la biodiversité d’intérêt commercial mondial.

 

Olivier Behra, salué par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pour ses initiatives de valorisation de la biodiversité pour le bénéfice des communautés locales et de la conservation en 2010

L’une des expérimentations menées a été de mettre au point à Madagascar une nouvelle huile essentielle qui pourrait servir à la conservation d’une espèce d’importance majeure pour les soins des populations locales. L’huile essentielle appelée SARO a ainsi été promue, après avoir effectué d’importants investissements pour assurer sa standardisation ainsi que la démonstration de sa non toxicité et de son efficacité.

Le produit a été mis sur le marché international à un prix équitable et des entreprises ont soutenu des programmes de conservation, que ce soit au niveau local (Aroma Forest Madagascar) ou au niveau international (Yves Rocher), réalisant l’importance de contribuer à la préservation de cette ressource incroyable.

Certaines entreprises perdent leur âme quand elles connaissent la croissance économique, privilégiant leurs profits plutôt que la qualité et le respect des consommateurs ou des producteurs, comme le soulignent heureusement de plus en plus de blogueurs (http://takeitgreen.fr/confession-dune-ancienne-aroma-zone-addict/).

Dans le cas présent, le Saro est un cas d’école à défendre. Des commerçants qui n’ont aucune idée du contexte de sa production en bradent le prix. C’est totalement incohérent, alors qu’il est déjà extrêmement difficile, avec les prix actuels, d’empêcher la destruction des arbres qui produisent cette huile essentielle, et alors que la plante ne se trouve nulle part ailleurs au monde que sur l’île de Madagascar.

 

Le nom Saro a été déposé pour défendre des règles de production durable. Au-delà des engagements internationaux, il faut maintenant défendre ces critères de production durable. Il faut également empêcher les revendeurs sans scrupules de faire travailler des enfants, de détruire l’environnement et de continuer à brader les prix pour gagner des parts de marchés.